INTRODUCTION

    Selon Homère, les Muses étaient les déesses qui inspiraient les chants. Au VIII° siècle avant J-C., cependant, elles ne possédaient pas encore d'attributions très précises. En revanche, un siècle plus tard, leurs caractères sont, dans la Théogonie d'Hésiode, plus nettement définis. Filles de Zeus et de Mnémosyne (la Mémoire), au nombre de neuf après avoir été primitivement trois, elles président aux différentes formes de la poésie, c'est-à-dire les matières qui, pour l'époque antique, étaient considérées comme des arts.
Voici les disciplines auxquelles chaque Muse (entre parenthèses) est associée :

Histoire (Clio)
Poésie lyrique (Euterpe)
Comédie (Thalie)
Tragédie (Melpomène)
Danse (Terpsichore)
Poésie érotique (Érato)
Hymne (Polymnie)
Astronomie (Uranie)
Poésie épique (Calliope)

    De nos jours, les Arts sont généralement classés en 8 catégories :

1er art : Architecture
2e art : Sculpture
3e art : Peinture
4e art : Danse
5e art : Musique
6e art : Poésie
7e art : Cinéma
8e art : Télévision

    Il serait bon d’y ajouter aussi le théâtre, et pourquoi pas la publicité ou les jeux vidéos !

    « L'Art » en général comprend donc de nombreuses branches, et lorsque l'on se penche un peu plus sur le sujet, nous remarquons, que le mouvement Hip-Hop comprend maintes disciplines considérées comme « Art ».

    En effet, la peinture et le dessin, seraient représentés dans le mouvement hip-hop par le graffiti (« graff ») ou par le tag. A l'origine, le graffeur relevait un authentique défi. Pour être vu et lu par un grand nombre de gens, il inscrivait son pseudo - sa signature - le plus de fois possible dans les rues de New York. 
«Le graffiti était un peu l'e-mail de l'époque et permettait aux défavorisés d'exister», explique Alberto Russo, ancien maître en la matière. 
Attention à la confusion entre tags et graffitis ! Même si elles sont issues de la même discipline, il s'agit de deux techniques différentes. Le tag est une signature monochrome stylisée, alors que le graffiti propose un lettrage multicolore beaucoup plus élaboré (accompagné parfois de personnages). 

    Le « breakdance » ou le « smurf » sont les deux danses les plus connues de la culture hip-hop. Le breakdance est une danse au sol qui repose sur une succession de figures acrobatiques. Le smurf (ou electric-boogie) est constitué de mouvements saccadés, imitant ceux d'un robot. Ces chorégraphies, dont les interprètes sont appelés B-Boy (pour « break-dancer boy ») sont issues des cultures afro-américaines et sud-américaines. 

    La musique ainsi que la poésie sont symbolisées par la discipline la plus connue du hip-hop : le Rap, accompagné du Djing.
Appelé aussi MC (maître de cérémonie), le rappeur est au DJ ce que Starsky est à Hutch : un indispensable coéquipier. Pendant que le disc-jockey fait des tours de passe-passe sur ses platines, le rappeur parle de manière rythmée en jouant avec les mots. 
Le rap est un savant mélange de nombreuses cultures et styles musicaux. Il s'inspire des griots africains, des toasters (parleurs) jamaïcains et se nourrit du jazz, de la soul ou encore du funk. Un authentique melting-pot ! 
En apparence d'accès facile, le rap, pour qu'il soit de qualité, requiert une certaine technique. Allier rimes imagées et figures de style appropriées n'est pas toujours très aisé. Essayez... vous verrez... 
Le rappeur fait aussi parfois du « beatbox » : il se sert de sa bouche comme d’un véritable instrument de musique et arrive à reproduire parfaitement des breaks de batterie ou des mélodies de piano ! En France, les plus représentatifs de ce courant sont les membres du Saïan Supa Crew.
Deux platines, une table de mixage. Tels sont les instruments du disc-jockey (DJ). Habile ciseleur de boucles et artiste du collage musical, il crée de nouveaux rythmes et mélodies en accolant des extraits de disques existants (samples). 
Pour faire rimer ponction et création, le DJ manie de nombreuses techniques en «ing»: cutting, scratching, sampling. 
Depuis quelques années, une nouvelle race de sculpteurs de sons est née : les producteurs. Ils sont à la fois DJ’s, compositeurs et businessmen. Grâce à leur savoir-faire, ils participent activement à l'avènement de stars. Sans Dr Dre, son éminent producteur, Eminem ne serait rien. 

    À tout cela, nous pouvons aussi ajouter le cinéma ; en effet la culture hip-hop a inspiré de nombreux réalisateurs. Citons parmi eux les films français tels que « La Haine », de Mathieu Kassovitz qui narre une journée qui tourne mal pour trois jeunes d'une cité et qui a obtenu le César du meilleur film et le Prix de la mise en scène à Cannes en 1995 ; deux ans après sort « Ma 6T va crack-er » de Jean-François Richet ; bien qu’un peu exagéré, ce film relate la dure réalité des cités. Aux Etats-Unis, ce genre est plus développé : « 8 Mile », de Curtis Hanson avec la star du rap Eminem - dont la vie a fortement inspiré le film – a été un énorme succès en 2003 ; ou encore « Do the Right Thing », de Spike Lee, et qui, au début des années 90, rassemble humour et drame dans le quartier de Bedford-Stuyvesant, à Brooklyn sur une musique mythique de Public Enemy

    Cette notion « d’Art Hip-Hop » est souvent mise en valeur dans les textes des rappeurs. L’exemple le plus flagrant est sans conteste le tube du groupe marseillais Fonky Family en 2001 « Art de Rue », morceau qui a même donné son nom au deuxième album du collectif. Voici les paroles :



Fonky Family : « Art de Rue » (2001)


Refrain (x2)
Ambiance scandale danse de vandales
Sens d'où vient la chaleur
Gloire à l'art de rue
DJ, Breaker, Bboy, Graffeur, Beatbox
Jusqu'au bout art de rue

Le thème c'est art de rue dédié à c'qui pratiquent et c'qui aiment ce putain d'art de rue
C'qui dansent sur la piste, sur la pierre ou à la zone
Ceux qui mixent, c'qui parlent sur la zic ,et c'qui taguent sur le fourgon
C'est un mode de vie, quelque chose qui nous rend sérieux
Un besoin unique vécu jour et nuit
On désire toujours faire mieux, vu que la vie n'est qu'un test
Et que toutes les situations sont complexes
On pense et l'esprit dit « fais-le, fonce tant qu'on respire et qu'on est libre
... Y'a qu'a oser vieux ! »
Savourer l'existence comme on peut, l'essentiel est de faire c'qu'on aime et comme on veut
Morveux le rap c'est bon quand tu fais ça par amour mais pas quand y a beaucoup de fric en jeu
On s'en rend compte qu'une fois coincé dans le cercle vicieux,
C’est un salut aux anges et aux dangereux
C'est un salut aux jeunes de France, de la zone et de l'opéra
Aux anciens qui ont pratiqué l'art de la danse comme 5.D.A
Ceux qui taguent sur les trains, les murs crades et là où ça craint
Comme sur les palais ou commissariats
Salut à ceux c'qui parlent sur d'la musique, c'qui décrivent joie, angoisse, haine et amour
Sans méthode précise, sans être alléchés par l'appât du gain
Mais juste parce qu'ils en éprouvent le b'soin
On en a marre de rire, gloire en l'art de rue
Dédié aux gens durs et à tous ceux de ta rue
Le thème c'est art de rue
Dédié à c'qui pratiquent et c'qui aiment c'putain d'art de rue

(…)
3ème millénaire rien qui change B-Boy
Dédicacé à ceux qui rappaient sur beatbox
Maintenant les MC’s veulent tous parler d'la même chose
Mais ils font pas baigner leurs textes dans la même sauce
On explose, extorque, exporte, explore, s'extorque, s'exporte, vexe fort et fuck.
Si t'aimes pas le rap, c'est quoi qui t'dérange ?
Tu veux peut-être nous abattre, c'est ça qui te démange?
Des petites phrases et des phases face aux drames de la rue
On s'en bal' tu t'sens mal si tout crame c'est d'l'abus ?
Les ordures pensent qu'on est bon qu'à prendre, vendre des drogues dures
Qui s'approchent ressentent la mort sûre.
Le truc s'est forgé dans la pénombre, l'attente était longue
(…)

Je suis pas doué pour le vol ni pour l'deal
J'rappe pour vivre c'est toujours mieux que d'avoir des flics qui m'poursuivent
J'fais pas ça pour les femmes ni avoir trop d'fans
Ni pour voir ces rimes classées profanes
Gloire à l'art de rue ! Si tu vivais c'qu'on voit
Je suis prêt à parier que t'exprimerais les même faits qu'moi
On est pas si loin du K.O. ni à l'abri d'être au plus bas penses-y au cas où
Tu serais amené à fumer c'quon fume, voire boire c'quon boit, vivre c'quon voit,
Dehors c'est la guerre même si tu ne peux pas l'croire
Y'a aussi d'l'amour dans mon rap même si tu ne veux pas le voir
(…)
Fonky Family, l'histoire continue
Jusqu'au bout dans l'art de rue.

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du phénomène, il devient impossible de citer les bons albums et tous les groupes mais une chose est sûre : les productions sont d'une qualité inégalée et la progression continue, chaque album est mieux que le précédent.